jeudi 31 décembre 2009

Un timbre mahorais (2)


Je vous ai présenté récemment un timbre de Mayotte. En réponse, un lecteur que je remercie vivement m’a envoyé la photo et le commentaire qui suivent :

Le gars sur le timbre est Papa Lamour du village de Mjamawe (Anjouan). Papa Lamour est la star nationale a Anjouan, à Mutsamudu et au village de Mjamawe. Eh oui l’icône de Mayotte est un Anjouannais...

La photo est extraite d’une compile VCD « les meilleurs clips anjouannais 2002 » (ou 2003) produit par Abdoul Latif.


Papa Lamour, Anjouan

J’en suis resté stupéfait. Mais que fait le ministère de l’identité nationale ? Voici des gens que nous payons avec nos impôts pour qu’ils nous aident à rester bien Français, bien identifiables et bien nationaux. Or, non seulement ils n’ont même pas songé à distribuer gratuitement des bérets basques et des baguettes de pain à nous caler sous le bras, mais en plus, ils se montrent assez étourdis pour permettre que la Poste utilise un étranger pour illustrer les arts et techniques traditionnels du dernier-né de nos départements.

vendredi 25 décembre 2009

Concert de Noël


Joyeux Noël à tous !

En cliquant sur la photo ci-dessus, vous aurez droit à un petit concert de Noël.

Le programme est très court, mais il est particulièrement bien adapté à l’occasion puisqu’il s’agit d’une version pour gaboussi d’un extrait de la célèbre cantate BWV 147, dite Jésus que ma joie demeure, de J S Bach.

Puissent ces quelques notes vous mettre de bonne humeur !

mardi 22 décembre 2009

Un timbre mahorais


Il n’y en a que pour les musiciens et pour les mélomanes dans ce blog. Et les philatélistes ! Pourrait-on s’écrier justement. C’est vrai que pris par toutes sortes d’affaires, je les oublie assez facilement. Pourtant, j’ai moi-même collectionné quelques timbres quand j’étais enfant. J’avais une série assez héroïque représentant des blasons, si je me souviens bien, qui me plongeait dans un univers de chevalerie. Mais, j’avais surtout un timbre de Haute-Volta. Je ne sais pas comment il m’était tombé dans les mains. C’était le fleuron de ma maigre collection. Il ne payait pourtant pas de mine. On n’y voyait qu’un homme de Haute-Volta, un rude gaillard, torse nu et l’air assez farouche avec une drôle de coupe de cheveux.

J’avais déjà été sensibilisé par les cauris de la statuette africaine de ma marraine. Je pense que ce timbre constituait le deuxième pas sur le long et périlleux chemin de ma lente africanisation.

J’ai acheté le timbre mahorais ci-dessus sur un marché de Noël. Fatou tenait son stand de tissus africains, et moi je lui tenais compagnie en jouant du gaboussi. J’ai fait de grands progrès au gaboussi, au balafon et au djembé en tenant compagnie à Fatou sur les marchés. J’ai aussi rencontré pas mal de musiciens ou de mélomanes intéressés par mes instruments.

J’étais donc sur ce marché de Noël, pas très loin du stand de la Poste. La Poste à Mayotte, il y aurait beaucoup à en dire, mais je préfère éviter, comme j’évite d’y aller. On peut pourtant y faire des rencontres agréables car on a vraiment le temps d’y discuter avec une foule d’usagers qui prennent leur mal en patience avec une profonde philosophie et un grand sens pratique.

J’étais donc à côté du stand de la Poste quand la postière qui avait déjà essayé de me vendre toutes sortes d’enveloppes et de colis prépayés me fait un petit signe de la main, comme les vendeuses à la sauvette du métro Château-Rouge qui semblent cacher de la cocaïne sous leur manteau quand elles ne vous proposent que d’innocents safou dont la saveur aigrelette, une fois qu’on les a fait bouillir, est une fête pour le palais. Elles le font sous le manteau car on les pourchasse et on serait tout à fait prêt à les reconduire à la frontière pour cette intolérable atteinte à l’ordre public. Qu’est-ce qu’on est devenu ? Un jour, avec cette paranoïa xénophobe, j’ai bien failli me mettre en difficulté avec un vendeur de cocaïne que j’avais pris pour un marchand de safou.

Et la postière dans tout ça ? Avec des airs mystérieux, elle m’avait attiré pour me montrer ce timbre. J’étais ferré. Celui-là, il fallait que je l’achète. Elle le savait, un Mzoungou qui joue du gaboussi, même s’il n’envoie que des mails, un timbre pareil, il ne peut pas ne pas l’acheter. Bien vu.

mardi 15 décembre 2009

Proclamation des résultats du concours organologique

Il y a quelque temps, j’avais proposé sur ce blog une énigme organologique. Il s’agissait d’identifier les deux instruments de musique ci-dessous.

René Lacaille et Bob Brozman

Le jeu était ouvert aux internautes du monde entier. N’importe qui, aimant la musique et capable de lire assez bien le français pour comprendre la question, pouvait avancer une solution.

Eh bien figurez-vous que la seule réponse qui me soit parvenue émanait de Julien, mon voisin le plus immédiat. Il doit y avoir, autour de Mamoudzou, un accroc dans le continuum spatio-temporel qui produit des distorsions sur le web. C’est peut-être dû au taux d’hygrométrie très élevé dont j’ai déjà constaté les effets néfastes sur les véhicules et toutes sortes d’appareils.


La météo d'aujourd'hui

Bravo Julien ! D’une part, tu es le seul à avoir tenté le coup, si l’on ne tient pas compte de quelques malheureux égarés qui n’ont pas trouvé comment on pouvait laisser un message sur ce blog. D’autre part, ta réponse était presque parfaite.

Le premier instrument, tenu par René Lacaille, à gauche, est bien un(e) panduri de Géorgie.
Le second, tenu par Bob Brozman, à droite, est plus délicat à déterminer. Julien propose un tricone, mais tricone, c’est un nom de modèle. C’est vrai que le design de l’instrument que tient Bob Brozman sur la photo est celui des guitares à résonateur de la marque National Reso-Phonic Guitars, modèle Tricone.

Mais l’instrument est petit et n’a que quatre cordes (quand on regarde bien). Cela pourrait donc être un ukulélé à résonateur, s’il a des cordes en nylon, ou un cavaquinho à résonateur, s’il a des cordes en métal. Pour trancher, j’ai contacté Bob Brozman via son site. Il s’agit bien d’un ukulélé (baryton, car assez gros) à résonateur, réalisé spécialement pour lui par Greg Beeton en Australie. C’est un modèle unique. Ce n’était pas facile à trouver.

Devant la difficulté du cas et l’unicité du concurrent, je déclare donc Julien, mon voisin mélomane qui était si près du but, gagnant incontesté de ce petit jeu-concours international. Il a même droit aux plus vives félicitations du jury. Il a droit également à une petite vidéo musicale car c’était la récompense que j’avais annoncée.

Je me suis cassé la tête pour trouver quelle vidéo dédier à Julien. Et puis, nous avons eu à l’IFM un module « expression » dont l’objet est d’amener nos stagiaires à faire appel à toute leur créativité pour concevoir un spectacle clôturant un trimestre bien rempli.

Il y a eu de tout, théâtre, marionnettes, masques, théâtre d’ombres filmé, vidéo. Le ton, volontiers irrévérencieux, allait du pastiche potache, dont je ne renie pas le charme indubitable, à une poésie cinématographique burlesque ou émouvante. Bref, deux semaines d’un travail souvent acharné pour produire une joyeuse matinée de saturnales où l’élève moquait le maître, et le contribuable, l’élu. Nous étions souvent dans la veine de la longue tradition qui passe par Villon, Rabelais, Molière et les Guignols d’Abidjan. Les Guignols d’Abidjan sont très connus ici et les Mahorais (comme les Anjouanais) les apprécient autant que moi. En métropole, ces DVD pittoresques se vendent dans toutes les boutiques africaines, de l’épicerie au salon de coiffure, ou sous le manteau, pour les versions pirates.

Course de mobylettes

Dans ce fourmillement de piques et de satires, j’ai retenu pour Julien, une vidéo présentant le regard gentiment moqueur que les stagiaires portent sur leurs cours d’éducation musicale. Je crois y percevoir par endroits la réminiscence d’un vrombissement de mobylettes qui nous avait servi l’an dernier à isoler des harmoniques lors d’un travail sur le chant diphonique.

Dès que Blogger, qui est capricieux depuis deux jours, aura fini de bouder, vous verrez cette vidéo en cliquant ici.

vendredi 4 décembre 2009

Langa

Langa

J’ai une amie qui effectue un travail de recherche ethnomusicologique sur le mgodro. Le mgodro, c’est le genre le plus populaire de la musique mahoraise. C’est la signature musicale de Mayotte. On entend du mgodro, on se dit Ah ! ça c’est Mayotte !

Après, si l’on veut définir précisément en quoi cela consiste, cela devient plus compliqué. Vous savez comment sont les mzoungous, comme ils aiment tout comprendre avec leurs têtes de mzoungous. Même la musique qui ne demande qu’à nous faire danser, ils ne sont contents que quand ils l’ont bien décortiquée, analysée, étiquetée, classée… Ils ne s’arrêteraient jamais.

Enquêteuse

Je parle bien sûr des mzoungous les plus affirmés dans leur mzoungouité. Tous ne sont pas aussi enflammés dans leur soif de tout comprendre et de tout maîtriser mais cette passion, me semble-t-il, est toujours au moins latente, même chez le mzoungou le plus innocent, même chez le plus anodin. C’est culturel, on a grandi là-dedans. Je dis « on » car, bien entendu, je suis moi-même mzoungou et suis par conséquent enchanté que cette amie ait eu la bonne idée de m’entraîner avec elle dans sa quête de l’essence du mgodro.

C’est donc avec un grand plaisir que je l’accompagne, quand l’occasion le permet, dans ses enquêtes. C’est ainsi que j’ai pu rencontrer Langa.

Langa

Langa, à Mayotte, tout le monde connaît. C’est un grand personnage, un des premiers, ou peut-être le premier, à avoir enregistré du mgodro. Tous les musiciens mahorais l’ont reçu en héritage, même les rappeurs ou les rastamen lui doivent des émotions anciennes. Dans l’hagiographie mahoraise, il est le père fondateur, celui qui a fixé le son du gaboussi sur la mythique cassette, à l’époque on écrivait K7, intitulée Gaboussi na m’kayamba. Je ne sais pas de quand cela date, mais cela doit être aussi vieux que l’histoire du Bulldozer.

Vous ne connaissez pas l’histoire du Bulldozer ? C’est que vous n’êtes pas Mahorais. La voici telle qu’un sympathique inconnu me l’a racontée par une nuit sans lune sous un réverbère, près de l'embarcadère de la barge :

Au moment de l’indépendance des Comores, y avait pas l’électricité à Mayotte. Le soir, c’était tout noir, pas comme aujourd’hui, on voyait rien. À cette époque, y avait un seul Bulldozer à Mayotte. Dans toute l’île, y en avait qu’un. Il était ici, à Mamoudzou, devant la barge. Un jour, les gens de Grande Comore sont venus avec un bateau. Ils voulaient prendre le Bulldozer pour l’amener en Grande Comore. Ils voulaient pas le laisser à Mayotte. Alors les femmes de Mayotte, les mamans, elles ont démonté le godet du Bulldozer. Elles l’ont démonté et elles l’ont emporté jusqu’à la plage d’Hamouro et elles l’ont laissé là-bas pour pas que les gens de Grande Comore prennent le Bulldozer. Parce que sans le godet, ils pouvaient rien faire avec le Bulldozer. Même maintenant, si tu vas sur la plage d’Hamouro, tu peux voir encore le godet.

Malheureusement, en réalité, le godet n’est plus là-bas depuis belle lurette. Néanmoins, tous les Mahorais que j’ai interrogés connaissent cette histoire qui admet quelques variantes.

Cette époque héroïque, perdue dans la nuit mahoraise, c’est 1976. La cassette de Langa ne peut pas être antérieure puisqu’il n’y avait pas d’électricité.

Les instruments de Langa : mkayamba et gaboussi

En faisant un tour sur www.la-musique-mahoraise.com, j’apprends que la cassette date de 1995 ! La perception du temps est donc, cela se confirme, quelque chose de très relatif. À l’adresse ci-dessus, vous aurez les références de la cassette, que j’imagine introuvable, et des deux CD de Langa dont le premier reprend la cassette dans son intégralité. Vous aurez également un regard mahorais sur le personnage, l’œuvre et la vie de Langa. N'hésitez pas à aller y faire un tour.

Nous sommes donc chez Langa pour essayer de comprendre ce que c’est que le mgodro. Mon amie se débrouille plutôt bien en shimaoré. Il y a également parmi nous un traducteur. Pourtant, nombre de questions restent sans réponses. C’est en fait une confrontation de deux univers, une pratique intuitive d’une musique transmise oralement face à une recherche musicologique nécessairement perçue comme incongrue.

À un moment, nous lui proposons que je joue quelques bribes de morceaux mahorais que j'ai pu glaner pour qu’il nous dise s’il considère que c’est du mgodro ou non. Je sors donc mon gaboussi de sa housse et me mets à jouer. Jouer du gaboussi devant Langa, c'est comme dire la messe devant le Pape. Franchement, je suis au sommet de ma carrière de mélomane-chercheur, je vois mal ce que je pourrais faire de plus par la suite.

Le premier morceau fait un flop assez lamentable. Langa reste de marbre sur sa chaise en nous disant que ce n’est ni du mgodro ni je ne sais plus quoi d’autre. Pourtant je trouvais que cela avait fière allure.

Dès les premières notes du second morceau, il s’anime, se lève et secoue son mkayamba en dansant. Aucun doute, c’est bien du mgodro. Même chose pour le troisième morceau qui a pourtant un rythme très différent. La question du rythme n’est donc pas aussi évidente qu’on aurait pu le croire.

Sur le chemin du retour, en voiture, mon amie propose comme première ébauche de définition : Le mgodro, c’est ce qui fait danser Langa.

Langa chantant une ancienne chanson


Langa jouant du mkayamba


Pour voir de très belles photos de Langa, vous pouvez aller faire un tour sur Iloni : le blog de Sev et François. Vous y trouverez également un lien vers un article très intéressant, sur le blog de Marcel, consacré à Langa. Qui est Marcel ? En suivant les liens, vous en saurez presque autant que moi, ou plus.

mardi 1 décembre 2009

Concert à Musical Plage

Nidou et son groupe (vue partielle). Photo Christos

J’ai évoqué, il y a quelque temps, un concert à Musical Plage, et puis le temps a passé comme il a coutume de faire. Je me suis retrouvé dans le grand tourbillon des choses, des gens et des belles éventualités qui ne demanderaient qu’à se concrétiser si je me laissais prendre par d’autres tourbillons qui me tendent les bras. Il y a tellement de choses à faire à Mayotte, pour peu que l’on n'ait pas peur de mouiller sa chemise, ce qui est une crainte assez vaine, car quoi que l'on fasse, on est tout de suite en nage. Alors autant voir grand. Il y aurait tant de romans à écrire, de tableaux à peindre, de films à tourner...

Cependant, je vois bien, avec le recul, que plus le temps passe, avec toutes ses urgences, plus il me sera difficile de raconter ce concert et je devrais vivre avec le regret de vous avoir parlé des Wailers que je n’ai pas vus et de ne pas avoir pris le temps de vous présenter Nidou et son univers coloré.


Nidou et son groupe (détail 1). Photo Christos

C’était un petit concert comme on en rate souvent parce qu’on ne découvre l’information qu’après coup, quand il est trop tard et que le concert, dont on vous dit qu’il était super, est fini depuis bien longtemps. Ce coup-ci, la chance était de notre côté car nous l’avions su avant.

Il y avait donc un concert chez Nidou, à Musical Plage. Nidou c’est un musicien, auteur compositeur qui a une petite gargote au bout de la plage, du côté de Bandrélé. Ce n’est pas cher et on y mange bien.

Nidou. Photo Christos

Quand nous sommes arrivés, il y avait un trio de Mahorais qui avaient déjà commencé : Un chanteur au gaboussi, un batteur et un joueur de mkayamba qui faisait une deuxième voix. Le type jouait du gaboussi de façon très mélodique, à la malgache, des petites ritournelles syncopées, jouées avec tous les doigts, et qui tournaient à merveille. Il y avait encore peu de public et personne pour me dire qui c’était. J’ai fini tout de même par apprendre qu’il s’appelait Soundi.

Soundi. Photo Christos

Malheur ! Je n’avais ni caméra ni appareil photo, il vous faudra donc me croire sur parole. Heureusement cependant, parmi les spectateurs, je découvre Christos dont je sais qu’il aime bien faire des photos. Il est venu, lui aussi, les mains dans les poches, mais comme il n’habite pas très loin, devant mon air dépité, il retourne chercher son appareil photo. C’est grâce à lui que vous avez des images. Il a mitraillé toute la soirée.

Entre deux sets, je discute un peu avec Soundi et je comprends que c’est lui le foundi de Chirongui qui fabrique des gaboussi ainsi que les dzendzé ya shitsuva pour Diho et ses élèves. Je l’ai revu depuis à Chirongui. Je vous en parlerai plus longuement bientôt et je compte bien vous le faire écouter.

Nidou et son groupe (détail 2). Photo Christos

Après Soundi, il y avait Nidou et son groupe. Nidou chante en jouant de la guitare. Il doit aimer les mélanges parce qu’il a mis un peu de tout dans son orchestre : Trompette, sax, percussions, basse et trois jeunes filles qui font les chœurs. Ça aussi, il faudra que je vous fasse entendre. C’est très construit et cela sonne plus africain que mahorais. Les choristes utilisent des mbiwi, c’est la première fois que j’entends des mbiwi hors du cadre traditionnel.

Family Skank. Photo Christos

Pour terminer, il y avait Family Skank, un groupe de mzoungous qui font du ska. C'est sûr qu'ils connaissent leur affaire, mais là, malheureusement, je dois dire que ce n’est plus de mon âge. C’est apparemment une histoire de tonicité des muscles du mollet. Je peux danser le mgodro et de nombreuses autres danses compatibles avec mon approche free style de l’art de la danse, mais deux danses au moins me sont interdites : La salsa que j’adore, mais qui demande une latéralisation tout à fait hors de ma portée et le ska dont le sautillement rapide aurait vite fait d’achever le vieux bakoko que je suis devenu.

vendredi 20 novembre 2009

L'origine du Gaboussi

Jaquette du CD Le Chant de Sanaa
La photo est un gros plan sur le cheviller très ouvragé d'un qanbus

Je savais que le gaboussi de Mayotte était originaire du Yémen, qu’il était le descendant mahorais du qanbus yéménite, mais je n’avais pas encore entendu comment les Yéménites faisaient sonner ce qanbus. Vous imaginez comme cela pouvait me démanger les oreilles.

Enfin, tout ceci est du passé car j’ai réussi à me procurer un disque intitulé « Le Chant de Sanaa » (OCORA Radio France, référence C 560173) qui permet d’entendre la façon de jouer de cet instrument au Yémen. C’est un fort beau disque consacré à une musique qui a bien failli se perdre car le qanbus était devenu introuvable au Yémen où, comme partout de Zanzibar à la Malaisie, il a été supplanté par le oud, le luth arabe piriforme.

Il semble que les Comores (incluant Mayotte) et Madagascar soient les derniers endroits où l’on pratique ce type d’instrument dans l'Océan Indien occidental. Dans la partie orientale de l'Océan Indien, en Indonésie et en Malésie, on trouve encore des qanbus, appelés là-bas gambus melayu. Ils sont concurencés par des instruments du type oud, mais on les signale toujours à Johor, à Bornéo et à Sumatra.

Carte d'indonésie google-images

Dans la partie nord du Kalimantan, et même au Timor, il existe un genre musical appelé tingkilan qui utilise un quatuor de gambus melayu associé à d'autres instruments comme vous pouvez le voir sur ces petites photos qu'un lecteur attentif m'a communiquées.

Orchestre de tingkilan (Indonésie)

Orchestre de tingkilan (Indonésie)


Pour revenir à notre disque, on y entend Hasan al Ajami au qanbus et au chant. Il s’agit de belles et savantes chansons d’amour, un amour courtois impossible pour une femme aux yeux de gazelle. On entend également Mohammed al Khamisi qui l’accompagne en pianotant sur un plateau de cuivre.

Comme on pouvait s'en douter, les mélodies et la technique de jeu sont beaucoup plus orientales. Autre grande différence, le qanbus est accordé beaucoup plus bas que le gaboussi qui est assez aigu et délicieusement aigrelet.

J’ai réalisé une petite animation vidéo qui montre le chemin parcouru par le qanbus, du Yémen jusqu’à Mayotte (et en Indonésie). Sur cette vidéo, on entend un extrait d’un passage instrumental de ce disque. Vous pouvez voir et écouter ceci sur You Tube. Si cela vous donne envie d’acheter le disque, gardez le ticket de caisse, cela pourrait peut-être me servir à argumenter avec OCORA, s’ils devaient mal prendre cette innocente initiative. Le monde est devenu tellement procédurier.

Le long voyage
du gaboussi

Vendredi 27 novembre. Vous pouvez jetez les tickets de caisse ! J'ai obtenu l'accord très aimable d'OCORA pour publier la vidéo. Cela fait plaisir de rencontrer des gens normaux. Ils ne m'ont pas demandé de photocopie de ma carte d'identité ni de certificat de nationalité. C'est assez rare pour être noté. Et en plus, ils m'ont répondu dans la journée alors que le site où l'on remplit en ligne une demande de renouvellement de sa carte d'identité, quand on a eu le mauvais goût de naître dans un ancien département français, est inaccessible à chaque fois que je m'y connecte depuis le mois de juillet. Quand on veut faire du chiffre, il n'y a pas de petits profits.

dimanche 8 novembre 2009

Des Concerts à la pelle

Trio et Maalesh, l'Afrique du Soleil levant

L’activité musicale de l’île était particulièrement riche ces derniers temps. Nous avons eu les Wailers en escale à Mayotte au cours de leur dernière tournée mondiale. Il paraît que c’était super, foi de rasta ! Je ne peux rien ajouter à ce témoignage enthousiaste car je n’y étais pas. Les Wailers, m’étais-je dit, c’est tentant et certainement très bien, mais c’est dimanche soir et je travaille tôt le lendemain matin. Les organisateurs, conscients que cette difficulté allait en retenir une bonne poignée, avaient prévu de faire commencer le concert en fin d’après-midi. J’avais cependant, de mon côté, de bonnes raisons de n’accorder aucun crédit à ce vœu pieux. Effectivement, le concert a commencé et s’est terminé fort tard.

Mikidache, Diho et leurs complices mzoungous, l'Afrique du Soleil levant

De toute façon, les Wailers n’avaient pas besoin de mon soutien, tandis qu’il y avait d’autres concerts dont le succès était moins assuré.

Il y avait par exemple un concert réunissant (par ordre alphabétique) Diho, Maalesh, Mikidache et Trio. Ces quatre têtes d’affiche étaient accompagnées par un trio à cordes, un clavier, un percussionniste, un chœur d’enfants et une chanteuse dont je n’ai malheureusement pas entendu le nom. 29 mars 2010. J'apprends que la chanteuse était Anne-Lise Farioli, de Mang'Zoreil. Pour en savoir plus sur ces Mang'Zoreil qui valent largement le détour, voyez leur chaîne You Tube ou leur page Myspace.

J’ai mis quelques petits bouts de vidéos de ce concert sur You Tube que vous pouvez voir en cliquant sur le bouton ci-dessous. Ce concert présentait les morceaux d'un disque intitulé l'Afrique du Soleil levant qui devrait sortir bientôt.


Les musiciens de culture classique qui accompagnaient les quatre chanteurs ont également donné des concerts dont je n’ai eu connaissance qu’après coup. Dommage.

Joueur de ngoma, l'Afrique du Soleil levant

Il y avait enfin à Musical plage (sic) un petit concert qui m’a bien plu et dont je vous parlerai bientôt, si Dieu veut.

samedi 31 octobre 2009

Me voici devenu You Tubeur


J’ai mis en ligne sur You Tube une quinzaine de vidéos musicales. Ce sont pour la plupart des vidéos que j’ai déjà présentées sur ce blog. Cependant, celle qui correspond à la photo ci-dessus était jusqu'à présent inédite.

L’intérêt de passer par You Tube, c’est que l’on peut avoir toutes les vidéos sur une seule page sans avoir à courir d’un article à l’autre. D’autre part, on peut visionner les vidéos en plein écran, ce qui n’est pas possible dans le blog.

La qualité reste médiocre car je compresse fortement ces vidéos pour qu’elles puissent être visionnées de Mayotte où nous n’avons pas l’ADSL. C’est pour cette même raison que je ne donne que des extraits très courts, souvent moins d’une minute.

Perdu au milieu des musiques mahoraises, vous trouverez un petit film d’animation que j’avais réalisé pour mes petits élèves de l’école Pasteur. Je l’enlèverai un de ces jours pour le mettre ailleurs. Pour l’instant, je le laisse là car il me rappelle de bons souvenirs.

Pour me trouver sur You Tube, il suffit d’aller sur You Tube et de taper patrice34700 dans la boîte de recherche. Vous pouvez aussi cliquer sur l’icône ci-dessous. J'ai découvert depuis qu'il suffisait de taper patrice34700 (sans espace) dans la boîte de recherche de Google.

mardi 27 octobre 2009

Invitation

Vous êtes invités, chers lecteurs, à un cycle de conférences intitulé "Parcours dans l'histoire de l'art." Voilà qui est rare et bienvenu !

C'est animé par Nicole MORIN, professeur à l'IUFM de Poitiers. C'est gratuit et c'est ouvert à tous. Seule condition : être capable de noter les dates sans se tromper.

Sinwakan, composition hâtive ad hoc
(qui n'a bien entendu rien à voir avec ces conférences)

L'Écrit dans l'Art
Jeudi 29 octobre
à 17 H dans l'auditorium de L'IFM (Dembéni)

Enluminure, calligraphie, l'écrit dans le tableau : titres, signatures, papiers collés, écritures inventées, lettrisme, art conceptuel et livres objets.






Ngolo ka gabusi, toujours aussi hâtif
(et toujours aussi peu de rapport avec les conférences)


L'Objet dans l'Art

Mercredi 4 novembre
à 17 H dans l'auditorium de L'IFM (Dembéni)

L'objet représenté à travers la nature morte et l'expérience cubiste, l'objet de consommation détourné et mis en scène dans le champ artistique.







Sisan donso, idem
L'Art africain contemporain
Mardi 10 novembre
à 17 H dans l'auditorium de L'IFM (Dembéni)

Grands événements ayant jalonné l'émergence de l'art africain traditionnel puis contemporain, depuis les expositions coloniales jusqu'aux manifestations les plus récentes, emprunts à l'art africain par l'art occidental, démarche actuelle inverse, présentation d'artistes actuels reprenant des pratiques traditionnelles avec une démarche contemporaine, aspects sociaux et politiques.

Les lecteurs attentifs auront noté que c'est très bientôt et que les trois conférences auront lieu à chaque fois au même endroit et à la même heure. D'un point de vue conceptuel, c'est particulièrement bien vu.

Les illustrations ci-dessus, j'espère que c'est bien clair, n'ont rien à voir avec les conférences. Je ne les ai bricolées que parce qu'après une journée passée dans une grisaille kafkaïenne, j'avais besoin d'un peu de couleur.

Pour voir les vraies images de ces conférences, il vous faudra aller à Dembéni. L'IFM est un beau bâtiment d'où l'on a une très belle vue sur le lagon.

jeudi 22 octobre 2009

Devinette organologique


J’ai trouvé sur le Net cette photo de René Lacaille (à gauche) et de Bob Brozman (à droite). René Lacaille est surtout connu pour sa façon chaloupée de jouer de l’accordéon en chantant.

mi sa va la pes
dan mon ti kanot
in ti mok lo ver
mwin dosi la mer…

Mais là, point d’accordéon. Ousa ki la trouvé tit guitar la ? Où, en d’autres termes, quel est ce curieux cordophone ?

Même chose pour Bob Brozman, célèbre musicien et pédagogue globe-trotteur, qu’est-ce que c’est que cet instrument guitaroïde qu'il tient à la main ?

J’ai pensé alors tester l’Atlas of plucked instruments, le site consacré aux guitar-like instruments dont je vous ai parlé il y a quelque temps (voir l'article ici). Le test est concluant, cela fonctionne bien. Pour Lacaille, pas d’hésitations possible, son instrument est clairement décrit. Pour Brozman, il faut un peu chercher, bien regarder la photo et avoir recours aux liens que propose le site. Après quoi, on peut émettre quelques hypothèses.


À vous donc, chers lecteurs, d’exercer votre sagacité.
Quels sont ces deux instruments ?
Vous pouvez proposer vos réponses dans les commentaires.
Le premier qui aura identifié ces deux instruments aura droit à une petite vidéo musicale spécialement dédicacée.

vendredi 16 octobre 2009

L'îlot de sable blanc

L'îlot de sable blanc et la pointe Sazilé (photo Google Earth colorisée)

Nous sommes partis par un temps incertain. Dans le ciel, de gros nuages gris se bousculaient. Cependant, le lagon était calme, comme il est le plus souvent. Il fallait juste compter sur la chance pour éviter la pluie.


Nous sommes montés le matin dans une barque de pêcheur. Il y avait le pêcheur, cinq passagers, ceux que j’appelle "nous", quelques mains de bananes, du manioc, des fruits à pain et un thon dont la queue dépassait du sac de vivres.

Les pécheurs du village de Nyambadao se sont organisés pour transporter des visiteurs sur leurs barques. Ils proposent une excursion en trois étapes : L’îlot Bambo, l’îlot de sable blanc et la plage de Sazilé sur laquelle ils préparent un excellent repas avec trois fois rien et beaucoup de savoir faire.


Une autre fois je parlerai de lîlot Bambo et de Sazilé. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’îlot de sable blanc.


C’est comme un grand château de sable ovale planté dans le lagon. Google Earth me dit qu’en en faisant le tour en marchant dans le sable qui crisse, on parcourt environ 700 m. Il n’est pas bien haut non plus, mais il n’est jamais recouvert par la marée. Le sable, blanc crème, est fait de débris de coraux et de coquillages que la mer a brassés et rebrassés jusqu’à ce que les petits morceaux se désagrègent en grains irréguliers dont la blancheur donne à l’eau une couleur magique.


La pointe Nord-Est de l’îlot est prolongée par une langue se sable à peine immergée sur laquelle viennent se briser des vagues désordonnées venant du large ou du lagon. Deux des amis avec qui nous étions partis ont marché longtemps sur cette bande de sable. C’était comme s’ils marchaient sur l’eau, au milieu des vagues. On aurait dit qu’ils pouvaient marcher ainsi jusqu’au bout de l’Océan. On aurait dit un conte breton.


C’est un endroit où il n’y a rien à faire qu’à être content d’être là. On regarde, on prend des photos. Le pêcheur nous a laissés pour aller chercher d’autres visiteurs. D’autres pêcheurs arrivent avec d’autres passagers puis ils s’en vont. Il y a aussi des Wazungu spécialisés dans la découverte du lagon dont les petits bateaux communiquent entre eux pour signaler la présence de baleines. Eux aussi font leur escale sur l’îlot de sable blanc.

Bateau d'exploration mzungu

Tous ceux qui débarquent ont le même air ravi. Ils ne font pas de bruit. Ils se remplissent les yeux d’un bleu joyeux et prometteur. On voit clairement sur les photos que l’endroit est magique car à l’aller nous allions vers les nuages les plus sombres et une fois arrivé là-bas, les nuages étaient derrière nous, au-dessus de Grande Terre d’où nous venions.

Nuages sur Grande-Terre

Du fait de leur compression pour le Net, les photos ont perdu beaucoup de leur luminosité. Il vous incombe donc de faire briller vos yeux pour retrouver la magie originelle. La magie passe beaucoup par les yeux.

mardi 13 octobre 2009

Lathéral à Acoua


Un concert de Lathéral à Acoua, on a beau connaître Lathéral, on a beau connaître Acoua, ça fait toujours plaisir et c’est toujours un grand moment. Samedi soir, il présentait son nouveau CD, mais en vieux routard de la scène qu’il est, il a commencé par mettre le feu avec quelques anciens morceaux que tout le monde peut chanter avec lui.


Nous sommes arrivés à la fin de la balance. Il y avait Tcho qui jouait du gabusi, tout seul sur scène. J’avais la tête à droite à gauche pour dire bonjour à l’un et à l’autre si bien que je n’ai pas filmé ce moment rare où l’on entendait enfin clairement un gabusi particulièrement bien joué.

Le nouveau CD me plaît bien. C’est toujours du Lathéral avec un gabusi qu’on entend mieux sur le CD que sur scène. Sur ce nouvel album, Lathéral a embauché deux saxophones, le mariage est plutôt réussi. Un des morceaux avec solo de sax me fait curieusement penser à Santana.


Côté graphisme, c’est signé Tristan Rondeau. Il a composé de belles image et s’est débrouillé pour insérer les traductions en français au milieu des textes en shimaoré. C’est clair et facile à lire sans que l’on ait besoin d’aller chercher une loupe comme cela m’arrive souvent avec les livrets des CD.

Nous nous étions levés vers cinq heures et nous avions une longue route étroite et sinueuse à faire dans une nuit noire hantée de zébus avant d’atteindre notre lit. Aussi, vers une heure du matin, nous avons quitté à regret le plateau sportif d’Acoua alors que des spectateurs continuaient d’arriver. Je ne sais donc pas comment font les gens d’Acoua pour admettre que le concert est fini, ça ne doit pas être évident.


En revanche, pour finir les chansons, c’est très facile. Il existe une coda traditionnelle que Lathéral, comme d’autres musiciens mahorais, emploie volontiers. D’un coup, au beau milieu de la frénésie il crie wo-tro-tro, le public répond wo et ça s’arrête net. Vous pourrez entendre cette étonnante coda en cliquant ici.

J’ai eu des problèmes avec la tête d’enregistrement de la caméra ce soir-là, le climat est rude pour les appareils, si bien que j’ai dû fouiller et élaguer pas mal d’images involontairement psychédéliques pour obtenir un second bout de film visible en cliquant ici.

Et pour aller sur le nouveau site de Lathéral, il faut cliquer sur l'adresse suivante :

dimanche 11 octobre 2009

Bo Houss


Je l’ai découvert hier en première partie du concert de Lathéral. On m’avait dit que c’était du rap. On m’avait dit que c’était bon, mais j’avoue que je me méfiais. En fait, je me méfie toujours un peu du rap qui me fatigue vite. En fait je me méfie surtout des micros et des boîtes à rythme(s). J’ai souvent constaté qu’il suffisait de donner un micro à un type un peu énervé pour qu’il en abuse, s’empare de l’étiquette « rappeur » et râpe impitoyablement les oreilles des malheureux qui se trouvent dans un rayon de cinq cents mètres et qui sont trop polis pour lui débrancher son micro.


Ensuite, c’est le côté « épreuve imposée » du rap qui m’a fait fuir le genre. À une époque, tu ne pouvais pas vendre un disque, s’il n’était pas déguisé en rap ou s’il n’y avait pas un morceau de rap dedans. J’ai ainsi entendu d’excellents musiciens venant d’horizons très différents, qui se mettaient d’un coup à tourner sur deux accords avec des bruits bizarres en psalmodiant un texte vaguement revanchard pour coller au cahier des charges de leur maison de disque. C’était pitoyable. Heureusement, cela semble être passé de mode. Peut-être qu’il ne reste plus que de vrais rappeurs, peut-être que c’est le moment d’écouter du rap !


Pour en revenir à Bo Houss et à son groupe 976, c’était super !!! Ils fonctionnent très bien en tant que groupe, si bien que si tu débarques là sans te documenter un peu, tu crois que Bo Houss c’est le nom du groupe. Belle modestie de la part de l’artiste et beau travail d’ensemble.

Au début, le public d’Acoua, qui était venu pour voir Lathéral, était un peu interdit. J’imagine que tout le monde se disait comme moi « mais qu’est-ce que c’est que cette bande d’énergumènes ? » Moitié Men in black, moitié Black mic-mac, ils chantaient dans un style Beach Boys relooké par des Shanana qui se seraient réincarnés en Mahorais culturellement mondialisés. Je ne sais pas si l’image est claire. Toujours est-il qu’ils dansaient avec une drôlerie et une énergie incroyables.


Ce hip hop mahorais entrecoupé de phrases en anglais toulousain a quelque chose de surréaliste et de terriblement festif, très loin du poncif geignard et haineux qui semble prévaloir dans le genre. Un superbe métissage culturel, le génie mahorais de la fête et des danses collectives allié à la spontanéité déjantée de cultures urbaines qui auraient retrouvé le sourire.

C’est très communicatif, si bien que le public s'est mis à glisser dans cet univers délirant dont Bo Houss ouvrait grandes les portes. Cela s’est terminé en joyeuse fiesta autant sur scène que dans le public. Terminé trop tôt, bien sûr.

Pour voir un extrait du tout début de leur spectacle qui est allé crescendo, il faut cliquer ici. Pour aller sur le site officiel de Bo Houss, c'est ici. On trouve d'autres vidéos sur Youtube.